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la guerre des boutons


Les uns se tenaient dans la cabane, d’autres ne faisaient qu’y passer ; on entrait, on sortait, on riait, on se tapait sur le ventre, on se fichait pour rire de grands coups de poing dans le dos, on se congratulait.

– Ben, mon vieux, ça biche ?

– Crois-tu qu’on est des types, hein ?

– Ce qu’on va rigoler !

Il était entendu que l’on commencerait dès que les pommes ce terre seraient prêtes : Camus et Tigibus en surveillaient la cuisson, repoussaient les cendres, rejetaient les braises, tirant de temps à autre avec un petit bâton les savoureux tubercules et les tâtant du bout des doigts ; ils se brûlaient et secouaient les mains, soufflaient sur leurs ongles, puis rechargeaient le feu continuellement.

Pendant ce temps, Lebrac, Tintin, Grangibus et La Crique, après avoir calculé le nombre de pommes et de morceaux de sucre auxquels chacun aurait droit, s’occupaient à un équitable partage des tablettes de chocolat, des petits bonbons et des bouts de réglisse.

Une grosse émotion les étreignit en ouvrant la boîte de sardines : seraient-ce des petites ou des grosses ? Pourrait-on répartir également le contenu entre tous ?

Avec la pointe de son couteau, détournant celles du dessus, La Crique compta : huit, neuf, dix, onze !