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la guerre des boutons


tant de la force publique, situation fâcheuse comme on peut croire.

Et comme Boulot était prudent, il préférait ne pas se mettre dans le cas d’encourir ce risque. Il n’avait, d’autre part, pas de notions exactes sur l’issue de la bataille et la façon dont Lebrac avait dirigé ses troupes. Les cris entendus lui avaient seulement appris qu’un sérieux assaut avait été donné. Oui, mais où en étaient maintenant les camarades ?

Graves questions !

Camus, lui, comme bien on pense, ne perdit pas son temps à attendre le garde champêtre. Dès qu’il eut vu que l’autre voulait le rejoindre et se dirigeait de son côté, il fit prestement demi-tour, se baissa en sautant dans le ravin et fila vers les camarades en leur criant, pas trop fort du reste, de fuir par en haut, puisque le Charognard, ainsi désignait-il le trouble-guerre, venait du côté du bas.

Zéphirin, voyant s’enfuir Camus, ne douta pas un seul instant que ces sales morveux étaient encore en train « de lui en jouer une » ; il se souvint du coup de l’avant-veille où l’autre lui avait montré son derrière sans voiles et, comme il se sentait d’attaque ce soir-là, il piqua un pas de gymnastique pour rattraper le galopin.

Suant et soufflant, il arriva juste à point pour