Page:Peguy oeuvres completes 05.djvu/37

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et à l’église comme tout le monde. Seulement, voilà, moi, il ne faut pas que le dimanche ressemble aux jours de la semaine et que les jours de la semaine ressemblent au dimanche. Et que les heures de la prière ressemblent aux autres heures de la journée et les autres heures de la journée aux heures de la prière. Sans ça, alors, autrement, c’est comme si il (n’)y avait pas de dimanche. Dans la semaine. Et pas d’heures de la prière. Dans la journée. Alors c’est pas la peine d’avoir un dimanche. Il ne faut pas travailler le dimanche. Mais alors il faut travailler (dans) la semaine. Il y a un jour pour le bon Dieu, et les autres jours c’est pour travailler. Travailler, c’est prier. Je vais au catéchisme le dimanche matin avant la messe. Il y a temps pour tout. A chaque heure suffit sa peine. Et son travail. Chaque chose en son temps. Travailler, prier, c’est tout naturel, ça, ça se fait tout seul.

Il faut que le dimanche ressorte dans la semaine et que l’Angelus et l’heure de la prière sorte dans la journée.

Oui Jeannette, ma belle, je fais ma prière, mais toi tu ne sors pas de la faire, tu la fais tout le temps, tu n’en sors pas, tu la fais à toutes les croix du chemin, l’église ne te suffit pas. Jamais les croix des chemins n’avaient tant servi…


Jeannette

— Hauviette, Hauviette…


Hauviette

— Ne te fâche pas, ma belle. Jamais les croix des chemins n’avaient tant servi…