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POUR MOI nous ea faisons avec eux parmi eux, mais en ce sens beaucoup plus redoutable que nous ne faisons plus que de cela parmi nous avec nous. Chacun pense à majo- rj'ser, comme on dit, le voisin. L'histoire des trois con- grès, les deux nationaux et l'international, n'a été qu'une lamentable histoire parlementaire. Je pensai que je pourrais placer un mot :

— C'est ce que je dirai quand je rendrai compte à mes électeurs du mandat qu'ils ont bien voulu me con- fier pour le premier, le deuxième et le troisième congrès de Paris.

— Tais-toi tu es trop bête. L'histoire des congrès, sans aucune exception, l'histoire de l'ancien comité général, sans aucune exception, l'histoire des groupes élémentaires, des fédérations régionales, départemen- tales ou provinciales, des organisations nationales, sauf exceptions, l'histoire, hélas, du grand parti national, est une lamentable histoire parlementaire. Beaucoup de coopératives et beaucoup de syndicats ont une histoire parlementaire. On n'entend partout parler que de ma- jorité. Gela est incroyable d'un parti révolutionnaire, d'un parti qui ne tient dans le monde qu'un espace extrêmement mineur. Combien y a-t-il dans l'univers de socialistes véritablement socialistes ? Moins que jamais. Et n'est-il pas évident que si la loi de majo- rité régissait le monde nous serions écrasés comme un nouveau-né chinois. Pendant toute l'afTaire, les drey- fusards furent en France la minorité infime. Et depuis le commencement de cette affaire principale, plus lon- gue, beaucoup plus vaste et non moins profonde, que iious nommons l'affaire de la Révolution sociale, nous les révolutionnaires nous avons toujours été en mino-

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