Page:Paul Féval L'Homme de fer.djvu/74

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




VIII


CONSEIL DUCAL


Le duc François était à boire. Il aimait cela, le père de la reine Anne. Quand il avait bu assez, mais pas trop, c’était un prince sage et de bon conseil.

La veille, nous n’avons vu que sa tente ducale sur la rive gauche du Couesnon, mais la nuit avait été bien employée. Au matin, nous trouvons tout un petit camp autour de la tente principale : le voisinage de Louis de France avait donné à réfléchir à François de Bretagne.

Du reste, quelque chose d’analogue s’était passé sur la rive normande. Le roi de France aussi avait pris frayeur du voisinage de son puissant vassal, car une douzaine de tentes entouraient maintenant la sienne. En somme, c’était la moindre suite que pût avoir Louis de Valois, et personne assurément ne pouvait s’étonner de ce surcroît.

Le duc François tenait table et conseil avec le sire de Goulaine, son sénéchal Aymeri de Rieux, seigneur d’Ouessant, Jean de Plœuc, capitaine de la garde nantaise, M. Tanneguy du Chastel, le sire de Coëtquen, Guéhéneuc de Bruc, René de Châteaubriant, René de Coëtlogon, et Jean, comte de Dunois.

Le duc François était jeune. Autour de lui, Tanneguy du Chastel et Dunois avaient seuls la barbe grise.