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IV


LE LUTIN


La patience n’était pas le vice dominant de frère Bruno.

Vade retro ! s’écria-t-il enfin sans ralentir le pas, j’ai peur, c’est vrai, mais je donne mon âme à Dieu et je te provoque, esprit, fantôme ou démon !

L’esprit, le fantôme ou le démon répondit :

— Le roi s’est moqué de toi !

— Tu en as menti ! répliqua frère Bruno ; je ne connais pas le roi.

— Connais-tu maître Pierre Gillot, de Tours en Touraine ? demanda la mystérieuse voix.

Frère Bruno resta un pied en l’air, malgré sa goutte. Un trait de lumière le frappait.

— Grand saint Michel ! grommela-t-il, est-ce que c’est possible ? Maître Gillot…

— Maitre Gillot est le roi, reprit la voix ; le roi est venu pour assassiner le duc de Bretagne ou tout au moins le tenir captif par trahison, et c’est le roi que tu as envoyé à Jeannin l’écuyer, au manoir du Roz.

— Est-ce possible ! Est-ce possible ! répétait le moine convers.

En même temps, il se recueillait et faisait cet important travail :