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II


L’INCENDIE


C’était l’heure ou jamais de parler de messire Olivier. Les baladins de Naples pouvaient sauter ou se tenir sur la pointe d’un seul pied en agitant le tambour à grelots. On causait : messire Olivier était sur le tapis. Dieu sait combien d’hypothèses fantastiques furent risquées à son sujet. Où était-elle, sa baronnie d’Harmoy ? À quelle nation appartenait cet accent bizarre et à la fois gracieux, qui soulignait si bien ses paroles ? Il avait tout vu, cet homme de vingt-quatre ans ; l’univers entier lui était connu. Avait-il aussi vaillante lame que bonne langue ? Certains prétendaient le savoir : ils affirmaient que la langue n’était rien auprès de la lame.

Mais qu’il était beau ! Ceci était l’opinion des dames. Ses cheveux noirs, quelle couronne à son front ! Quels diamants que ses prunelles ! Dame Josèphe de la Croix-Mauduit malgré ses préventions, avait remarqué ses mollets : c’étaient des mollets de dignité première. Les baladins pouvaient danser, les joueurs de harpe et de viole pouvaient s’escrimer : messire Olivier, absent, tenait encore captive l’attention de tous.

Un fantôme ? Pourquoi avait-on eu cette idée ? À présent, les dames en riaient. Mais cette idée est bretonne ; elle devait revenir, même aux dames.

Une mère inquiète et bien contente, c’était madame Reine.