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Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/270

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Un palais dessinant son profil blanc et pur
Sur le ciel d’un bleu sombre
Et des parois d’albâtre et des salles d’azur
Et des joyaux sans nombre.

Des robes de satin, des jupes de velours
À riches broderies,
Des manteaux de brocart étincelants et lourds
De mille pierreries.

J’avais des pages blonds, des femmes aux doux yeux,
Tous plus beaux que les anges,
Des oiseaux modulant des chants délicieux
Sur des rhythmes étranges.

J’avais de grands jardins paisibles et charmants
Où s’égarait ma course,
Et des coffres d’or fin remplis de diamants
Où j’emplissais ma bourse.

Partout sur mon passage on se trouvait heureux,
Car j’ouvrais des mains pleines
Et je faisais pleuvoir mon luxe généreux
Sur les monts et les plaines.