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Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/269

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Rêves d’Enfance



Lorsque je reposais, pleine d’un vague espoir,
Dans les bras de l’enfance,
Que mes yeux pour dormir se fermaient chaque soir
Sans crainte et sans défense,

Que mon sommeil faisait germer des rêves d’or
Sous mes paupières closes,
Et comme un amoureux me prodiguait encor
Des perles et des roses,

Je vivais à part moi dans un monde enchanté,
Splendide et solitaire
Qui, si je l’avais su décrire, aurait tenté
Les heureux de la terre.

J’avais des bosquets verts de fleurs et d’oranger,
Des fruits d’or à chaque arbre,
Des fontaines tombant avec un bruit léger
Dans leurs vasques de marbre.