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alors salutaire. Il fallait tous périr ensemble ou assurer le salut de tous, le salut de la nationalité, en laissant la direction aux plus habiles, et ces hommes furent les plus habiles et les plus dévoués. Long-temps saisis utilement du pouvoir, peut-être furent-ils lents à l’abandonner. Il me semble que, plus tard, ils eurent quelques fois tort dans leur démêlés, plus ou moins vifs, avec les gouverneurs royaux. La faute en était un peu dans les institutions civiles et ecclésiastiques, dont les attributions n’étaient pas alors assez distinctes et séparées. En Canada, dans les premiers temps, leur conduite me paraît avoir été toute méritoire. Comme protecteurs, ils sont au-dessus de tout éloge, ainsi qu’ils ne cessèrent de l’être comme missionnaires aussi judicieux que zélés ; comme hommes aux sacrifices surhumains, s’exposant, dans leurs voyages de première découverte sur le Mississippi, chez les Sioux, etc., à des dangers personnels, plus prochains que ne le fesaient Cortès et les Pizarre, marchant à la destruction des empires. Ils méritèrent des éloges sans restriction comme corps enseignant dans leur beau collège de Québec, par les excellentes études que l’on y fesait, plus fortes, sous certains rapports, que celle qui se font aujourd’hui. À la culture de l’intelligence, d’après les bonnes méthodes qu’ils ont léguées à toutes nos maisons d’éducation, se joignaient la théorie et la pratique des beaux-arts et celles de plusieurs métiers.

Plus tard, le séminaire de Québec fut son noble émule, jamais un rival jaloux. Il avait le même plan d’enseignement pour les jeunes élèves, avec un succès presque égal ; et en outre l’enseignement de la théologie, pour les ecclésiastiques autres que les jésuites.

Deux fois il fut incendié ; et deux fois le gou-