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municipal d’une petite ville et le parlement d’un grand pays, M. Mazel dit : « C’est dans les villages et les petites villes qu’on trouve les pires spécimens de l’autocratie des carpet-baggers, de l’inquisition des partis, de l’organisation offensive des clans ; tous les freins qu’un Parlement doit subir, responsabilité du Gouvernement, action diplomatique des puissances, presse d’opposition, un conseil municipal les ignore ; l’intolérance sectaire peut s’y étaler et les microbes d’envie et de haine y trouvent leur meilleur bouillon de culture : nulle part les minorités n’y sont plus maltraitées et leurs droits plus méconnus. Mieux vaut peut-être à tout prendre se résigner au pouvoir vague et lointain du Parlement par crainte du pouvoir précis et présent du conseil municipal[1]. »

L’évolution sociale, en élargissant les cercles sociaux, contribuera à affranchir l’Individu et affirmera de plus en plus dans la conscience sociale ces deux idées indissolublement unies : l’idée d’Humanité et l’idée d’Individualité. En face du droit des groupes fermés, étroits et oppressifs, s’affirmera un double droit : le Droit humain d’une part, le Droit individuel de l’autre.

En même temps qu’elle fait converger de plus en plus toutes ses pensées et ses activités autour de ses deux pôles : l’idée d’Humanité et l’idée d’Individualité, la conscience sociale s’affranchit de plus en plus des dogmatismes absolus qui ont si longtemps pesé sur elle.

« Le sens du relatif, remarque M. de Vogué, domine la pensée contemporaine. » Il domine aussi, peut-on dire, la conscience sociale tout entière.

Dans l’antiquité, l’idée du Fatalisme a pesé sur les actes humains comme sur les manifestations de la nature.

  1. H. Mazel, La Synergie sociale, p. 145.