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aboutir à une impasse. Qu’est-ce que ce Keimplasma immuable de génération en génération pour chaque espèce et chaque race ? Que sont ces types de races à jamais immobilisés et soustraits à toute variabilité ? Admettre de semblables principes n’est-ce pas tomber en plein mysticisme biologique ? Il faut pourtant que ces types primordiaux se soient formés, et comment se seraient-ils formés sinon par l’accumulation des actions du milieu et la transmission des variations individuelles ?

Suivant nous donc, il faut ajouter la transmissibilité des caractères acquis aux autres causes du progrès : la concurrence vitale et la survie des plus aptes.

Dans l’ordre psychologique et moral, nous citerons deux facteurs importants du progrès. L’un est ce sentiment de mécontentement qui pousse l’individu non satisfait à modifier son milieu et ses conditions externes d’existence. Ce sentiment joue un grand rôle dans les transformations sociales.

Un sociologue définit ainsi le rôle de ce sentiment : « La maxime Plie et tais-toi peut, dans tel ou tel cas particulier exprimer le devoir… Toutefois, dans la marche de l’histoire, l’agent du progrès n’est pas cette résignation patiente, cette adaptation passive à la réalité donnée, mais plutôt ce sentiment de mécontentement, cette agitation inquiète qui aiguillonne les esprits et éclate parfois dans de sauvages révoltes[1]. »

Un second facteur psychologique du progrès n’est autre que la loi psychologique des idées-forces. Par ce seul fait que l’homme conçoit un idéal social supérieur, il tend à le réaliser. Ici comme ailleurs, l’Idée n’est pas un facteur négligeable dans l’évolution.

Comment se fait le Progrès ?

M. Bagehot pose la continuité comme loi du progrès.

  1. Ziegler, La Question sociale est une question morale, ch. i (Paris, F. Alcan).