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« La concurrence, opposition sociale d’ordre économique et non plus politique, suit la même loi. Comme la guerre, la concurrence va du petit au grand, du petit très nombreux au grand très peu nombreux… »

La troisième grande forme de lutte sociale, la discussion, évolue suivant la même loi… Aux luttes verbales entre une multitude de petites coteries, de petits clans, de petites églises, de petites agoras, de petites écoles, se substitue après bien des polémiques l’opposition de quelques grands partis, de quelques grands groupes parlementaires, de quelques grandes écoles de philosophie ou d’art, entre lesquels se livrent de, suprêmes combats[1].

C’est parce que les choses sociales quelconques, un dogme, une locution, un principe scientifique, un trait de mœurs, un procédé industriel, etc., tendent à se propager géométriquement par répétition imitative que le champ des actions et interactions sociales s’élargit de plus en plus, que les oppositions s’atténuent en s’élargissant, et que l’humanité semble marcher vers une pacification en même temps qu’une uniformisation universelle.

Nous en avons ainsi terminé avec les différentes lois d’évolution qui se rattachent comme autant de corollaires à la loi fondamentale de l’Imitation. Il y aurait encore une étude intéressante à faire à propos de l’Imitation. Ce serait d’examiner quelles sont les conditions favorables ou défavorables à la suggestion imitative exercée par un esprit sur les autres. M. Tarde vient précisément de compléter sa théorie de l’Imitation par une intéressante enquête qu’il consacre à cet aspect subjectif du problème de l’Imitation[2].

M. Tarde examine les diverses conditions : physiques, physiologiques ou psychologiques de l’action

  1. V. Tarde, Les Lois sociales, p. 100.
  2. Voir l’article de M. Tarde : L’action intermentale (La Grande Revue du 1er novembre 1900).