Page:Péguy - Les Mystères de Jeanne d’Arc, volume 2.djvu/45

Cette page n’a pas encore été corrigée


DE LA DEUXIEME VERTU

Ce qu'il leur a donné, ce que nui ne pourrait leur ôter.

(Presque pas même Dieu).

(Tant Dieu a donné à l'homme).

La force de sa race, la force de son sang.

Car ils sont sortis de lui.

Et ils sont Français et Lorrains.

Fils de bonne race et de bonne maison.

Or bonne race ne peut mentir.

Fils de bonne mère.

Et par dessus tout ce qui est par dessus tout avec ses

outils et avec sa race et avec son sang ses enfants

hériteront. Ce qui vaut mieux qu'une maison et un morceau de

terre à laisser à ses enfants. Car la maison et la terre sont périssables et périront. Et la maison et la terre sont exposées au vent de

l'hiver. A cette bise aigre qui souffle dans cette forêt. Mais la bénédiction de Dieu n'est soufflée par aucun

vent. Ce qui vaut mieux que les outils, ce qui est plus labo- rieux, plus ouvrier que les outils. Ce qui fait plus de travail que les outils. Et les outils finissent tout de même par s'user. Comme l'homme. Ce qui vaut mieux, ce qui est plus durable que la race

et le sang. Même.

Car la race même et le sang sont périssables et périront. Excepté le sang de Jésus. Qui sera versé dans les siècles des siècles.

37 porche. — 3

�� �