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DE LA DEUXIEME VERTU

Les corps meurtris, les membres meurtris du labeur, les cœurs meurtris du labeur

Et de la peine et du souci quotidien.

O Nuit, ô ma fille la Nuit, la plus religieuse de mes filles

La plus pieuse.

De mes filles, de mes créatures la plus dans mes mains, la plus abandonnée.

Tu me glorifies dans le Sommeil encore plus que ton Frère le Jour ne me glorifie dans le Travail.

Car l'homme dans le travail ne me glorifie que par son travail.

Et dans le sommeil c'est moi qui me glorifie moi-même par l'abandonnement de l'homme.

Et c'est plus sûr, je sais mieux m'y prendre.

Nuit tu es pour l'homme une nourriture plus nourris- sante que le pain et le vin.

Car celui qui mange et boit, s'il ne dort pas, sa nourri- ture ne lui profite pas.

Et lui aigrit, et lui tourne sur le cœur.

Mais s'il dort le pain et le vin deviennent sa chair et son sang.

Pour travailler. Pour prier. Pour dormir.

Nuit lu es la seule qui panses les blessures.

Les cœurs endoloris. Tout démanchés. Tout démembrés.

O ma flUe aux yeux noirs, la seule de mes filles qui sois, qui puisses te dire ma complice.

Qui sois complice avec moi, car toi et moi, moi par toi

Ensemble nous faisons tomber l'homme dans le piège de mes bras

Et nous le prenons un peu par une surprise.

217 porche. — i3

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