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posa la première pierre le 20 juillet 1221 ; il traça les proportions de l’édifice. Il les voulut imposantes, spacieuses, telles qu’elles convenaient à la capitale d’un peuple vainqueur. Mais la grandeur même de son dessein ne lui permit pas d’en voir l’achèvement. Les Espagnols, qui ne se presseront jamais, qui mirent huit cents ans à reconquérir leur patrie, voulurent plus de deux siècles pour achever leur cathédrale. Il semble même que la Vierge, gourmandant la lenteur des vieux chrétiens, alla tirer d’une race méprisée l’homme destiné à terminer l’œuvre de saint Ferdinand ce fut l’évêque Alonso, juif converti, d’une famille étroitement attachée à la secte pharisienne, et cependant qui se faisait gloire d’être issue de la même race que Marie, mère de Jésus. Baptisé dans sa jeunesse avec son père et ses quatre frères, il s’engagea dans les ordres, devint évêque de Burgos et l’un des flambeaux de l’Église d’Espagne. Il la représenta noblement au concile de Bâle, et ramena des bords du Rhin l’architecte Jean de Cologne, qui reprit en 1442 les constructions interrompues, éleva la façade et la flanqua de ses deux tours.[1] Lorsqu’on vient de visiter les murs de Diego Porcellos, ce qui reste du château des rois et l’arc de Fernan Gonzalez, en quittant ces quartiers délabrés et déserts, on découvre tout à coup la façade

  1. Dom Pedro Orcajo, Historia de la catedral de Burgos . Pons, Viage.