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faiblesses et de ses douleurs l’élève vers le Père céleste, et lui montre les trésors de la toute-puissance éternelle prêts à s’ouvrir pour l’exaucer : alors elle prie, et tous les hommes ont prié, et de tous les points du globe, à chaque instant, l’invocation s’élance sur les ailes de flamme, et grande est la témérité de ceux qui viennent dire à l’humanité entière, « Tu t’es trompée, tu es absurde.»

Les destinées que Saint-Simon nous annonce au delà de la vie sont-elles plus satisfaisantes ? L’homme, portion du grand Tout, individualisé pour quelque temps, ira se réunir après la mort à cette immensité dont il avait été détaché ; il sera donc, comme avant de naître, un flot confondu dans l’océan des existences, il perdra son individualité Or l’individualité, la personnalité, le moi, constituent l’homme lui-même, et quand le moi est détruit, quand l’homme ne peut plus se distinguer, se nommer, quand il ne peut plus dire Je suis, son être s’évanouit, le néant devient son partage ; et tous ces développements merveilleux que Saint-Simon lui promet au sein de la vie universelle ne sont plus que des chimères. Que si l’essence de l’homme est cette unité vivante qui réunit la forme matérielle à la forme spirituelle, que deviendra l’homme à l’instant où sa forme matérielle se décompose ? Entre deux hypothèses il faut choisir. Ou chaque molécule détachée du