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ne sait pas assez que, dans le douzième arrondissement quatre mille garçons et filles ne fréquentent pas l’école, faute de place dans les écoles. On ne sait pas que le faubourg Saint-Marceau n’a qu’un asile dont la porte reste fermée à quinze cents enfants de deux à sept ans. En présence de ces tristes chiffres, nous ne voudrions pas croire que la commission des asiles et le conseil municipal contestent à la charité privée le droit de recueillir les enfants et de les instruire, et qu’on ne trouve pas les trente mille francs nécessaires pour fonder dix écoles de plus, pendant qu’on autorise le théâtre Saint-Marcel à reprendre le cours de ses représentations, et une nouvelle salle de spectacle à s’ouvrir dans la misérable rue du Grand Banquier. Voilà les maux, non d’un seul arrondissement, mais de plusieurs arrondissements de Paris ; non de Paris seulement, mais de Lyon, de Rouen, et de toutes les villes manufacturières du Nord. Voilà les périls du présent, jugez de ceux qu’amènera l’hiver, quand la rigueur de la saison suspendra le peu qui reste de travaux de bâtiments, et jettera quarante mille désœuvrés de plus sur le pavé de la capitale! Nous n’avons assurément pas l’habitude de nous rendre les échos des alarmes publiques ; mais nous ne pouvons oublier cette parole d’une sœur de Charité : « Je crains bien la mort, disait-elle, mais je crains encore plus l’hiver prochain. » Et nous