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les siècles romains

intelligence ouverte, son esprit aux vastes espérances, son humeur facile, son tempérament éveillé et nerveux » (Cam. Jullian). Appuyé sur le parti romain qui se recrutait plutôt dans les rangs de l’aristocratie (le parti arverne se trouvait annihilé par la défaite), César, devenu en quelque sorte l’empereur des Gaulois, leur ouvrit aussitôt l’accès des privilèges. La « légion de l’alouette[1] » composée de leurs meilleurs guerriers ne le quitta plus. Il y eut grande indignation à Rome. « Il a déchaîné la fureur celtique, disait-on. Cette race, c’est lui qui l’a soulevée et qui la conduit… à force de vivre au milieu d’eux, il est devenu gaulois lui-même ». Et Cicéron scandalisé s’écriait : « Adieu l’urbanité romaine ! La braie[2] gauloise a envahi nos tribunes ! ».

Le calcul de César était juste puisque Anguste, de caractère si différent et peu enclin à apprécier les Celtes, continua de considérer la Gaule comme une pierre angulaire du régime impérial. Il séjourna à Lyon, devenue une sorte de capitale et où, l’an 12 av. J.-C., s’assemblèrent les délégués de toutes les cités gauloises : première session de ce Conseil des Gaules qui devait présider à la haute administration du pays en collaboration avec les gouverneurs romains. Caligula et Claude rêsidèrent aussi en Gaule. Claude était né à Lyon. « C’est un franc

  1. L’alouette était une sorte d’oiseau national gaulois « emblème de la vigilance et de la vive gaîté », a dit Montesquieu.
  2. Culottes portées par les Gaulois, opposées ici à la toge romaine.