Ouvrir le menu principal

Page:Normand - Pensées de toutes les couleurs, Calmann-Lévy.djvu/205

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Souvenir lointain, lointain. À la campagne, chez mes parents, vers 1866 ou 67. Je commençais à faire des vers… déjà mauvais. Un voisin, M. Rousset, vieil avocat très fin et très lettré, s’intéressait à mes élucubrations, me donnait des conseils. Il avait dû, — comme bien des hommes de robe, — commettre jadis quelque traduction d’Horace…

Donc, une après-midi d’été, je lisais dans le jardin. M. Rousset arrive, s’assied près de moi, me tend une coupure de journal :

— Lisez cela, mon enfant !

Je lis, et très ému :

— Comme c’est joli !

— Joli ?… Dites que c’est un petit chef-d’œuvre ! Le nom de celui qui a écrit ces vers est encore bien peu connu… Mais, quelque jour, ce sera celui d’un grand poète…

La pièce était intitulée : Le Vase brisé.