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toute culture allemande, je m’entendais objecter : « Mais lcette absence est toute naturelle, car les Allemands ont été usqu’à présent trop pauvres et trop modestes. Atten- · dezlque nos compatriotes soient devenus riches et conscients d’eux-mêmes, alors ils auront aussi une culture ! » i’d’ Il se peut que la foi sauve, en tous les cas cette façon de foi ne me sauve point, parce que je sens que la culture allemande à laquelle on ajoute foi ici-celle de la richesse, du vernis et de la simulation maniérée — est précisément l’antipode hostile de la cultu ?-e allemande à laquelle moi fajoute fai. Certes, celui qui doit vivre parmi les Allemands souffre beaucoup de la grisaille si’décriée de leur vie et de leurs sens, de l’absence complète du goût de la forme qui se manifeste chez eux, de leur esprit stupide et apathique, de la candeur qu’ils mettent dans les rapports délicats avec leurs semblables, plus encore de ce qu’ils ont de louche, de quelque peu dissi- ’ mtrlé et de malpropre dans le caractère. Il est douloureusement affecté par le plaisir indéracinable qu’ils. prennent atout ce qui est faux et contrefait, à i’imitati¤n A grossière, à la traduction de ce qu’il y a de bon à l’étranger en quelque chose de national qui est mauvais.-Maintenant que s’ajoute encore à tout cela comme le pire des mani ; Yinquiétude fiévreuse, cette fureur du succès et au gain, cette estimation trop haute des choses dumoment, il est révoltant de devoir penser que toutes ces maladies et toutes ces faiblesses ne doivent par principe s jamais être guéries, mais seulement et sans cesse couvertes d’un fard au moyen de.cette « culture des formes intéressantes pp l Et il en est ainsi chez un peuple qui ai produit Sehopeuhauer et Wagner, chez un peuple qui