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homme courageux auquel on aurait coupé la main droite et qui continue à se battre de la main gauche ; il souffre toujours lorsqu’il écrit, car il est privé, par une nécessité temporairement invincible, de son véritable moyen de communication, qu’il trouverait dans un H exemple éclatant et souverain. Ses écrits n’ont rien de · · 3 canonique, rien de sévère ; le canon, il l’a déposé dans ip· · ses œuvres diart. Ils sont le résultat de Peifort qu’il fait pour comprendre l’instinct qui l’a poussé à composer les œuvres, des tentatives qu’il fait pour se regarder · sci-même en face. Dès qu’il est parvenu à.tra, nsformer, son instinct en connaissance, il espère que l’opération inverse se fera dans l’âme de ses lecteurs. C’est avec -iz cette intention qu’il écrit. Si par hasard le résultat obtenu E devait démontrer qu’il a entrepris là quelque chose d’impossible, Wagner ne ferait que partager le sort de tous ceux qui ont réfléchi sur l’art ; et il a. sur la plupart · d’entre eux l’avantage’q-n’en lui réside le puissant instinct de l’art total. Je ne connais pas d’écrits esthétiques —, i î qui prodiguent plus de lumière que ceux de Wagner ; ’ tout ce qu’il est possible d’apprendre sur l’origine des œuvres d’art c’est là qu’on le trouve. C’est un génie de premier ordre qui se dresse ici comme témoin et qui, ttravers une longue série d’années, s’eH’orce de rendre son témoignage toujours meilleur, toujours plus clair, plus indépendant, plus dégagé de l’imprécision ; même lorsqu’un homme qui cherche la connaissance fait un faux pas, l’étincelle jaillit du sol. Certains de ses écrits, pcomme Beethoven, De [Art de diriger, Comédiens et Chanteurs, État et Religion, ’iont taire toutes les velléités de contradiction et imposent au lecteur une