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l’art au sérieux, une soif brutale du gain chez les entrepreneurs, platitude et légèreté dans une société qui ne pense au peuple que tant qu’il est pour elle utile et re- ’ doutable, qui recherche les spectacles et les concerts ’ sans que ceux-ci éveillent jamais en elle la pensée d’un devoir -· tels sont aujourd’hui les éléments de l’atmosphère lourde et pernicieuse de nos institutions A artistiques. Dès que l’on a fini par s’y habituer (c’est le W cas de notre société bien élevée), on peut facilement se · figurer que cette atmosphère est indispensable à la santé, et se trouver ensuite mal- à son aise lorsqu’une contrainte quelconque nous en prive pour un certain temps.

il n’existe véritablement qu’un seul moyeu pour arriver à la conviction que nos institutions théâtrales sont l L vulgaires, et vulgaires au point de paraître étranges et bizarres. Qu’on y oppose seulement la réalité passée py de’l’ancien théâtre grec I En admettant que nous ne sachions rien des Grecs, nous serions probablement in- 1 capables de nous. en prendre aux conditions actuelles, W et les critiques, telles qu’elles ontétéiformulées pour la ·première fois par Wagner avec la largeur dlesprit qui ’ lui était propre, seraient tenues pour des chimères, dont seules sont capables des gens qui vivent dans les nuages. On dira peut-être que, pour les hommes tels · ’qu’ils¥Éont, uu- art semblable est suffisant et convenable, et, à vrai. dire, les hommes n’ont jamais été faits autre- · ment. Mais, bien au contraire, il est certain qu’autre-, v, .’ fais les homxmes étaient diH’éren’ts et, maintenant encore, il y ena auxquels les institutions actuelles ne suffisent pas.