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AURORE

de sacrifice et de sagesse, et maintient vivantes ces qualités chez ceux qui le craignent. Par lui la voûte céleste qui s’élève au-dessus de la vie devient peut-être dangereuse et obscure, mais l’atmosphère demeure vigoureuse et sévère. — De plus, ces illuminés mettent toutes leurs forces à implanter dans la vie la foi en l’ivresse, comme étant la vie par excellence : une terrible croyance ! Tout comme l’on corrompt maintenant à bref délai les sauvages par l’« eau de feu » qui les fait périr, l’humanité a été corrompue dans son ensemble, lentement et foncièrement, par les eaux de feu spirituelles des sentiments enivrants et par ceux qui en maintenaient vivace le désir : peut-être finira-t-elle par en périr.

51.

Tels que nous sommes ! — « Soyons indulgents envers les grands borgnes ! » — a dit Stuart Mill : comme s’il fallait demander de l’indulgence là où l’on est habitué à accorder de la croyance et même de l’admiration ! Je dis : soyons indulgents à l’égard des hommes à deux yeux, les grands et les petits, car, tels que nous sommes, nous n’arriverons cependant pas au-delà de l’indulgence !

52.

Où sont les nouveaux médecins de l’âme ? — Ce sont les moyens de consolation qui ont imprimé à la vie ce caractère foncièrement misérable auquel on croit maintenant ; la plus grande maladie des