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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/466

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où les idées, longuement mûries s’assemblaient en un tout, où, durant les fortes marches de la journée, dans l’état d’une inspiration incomparable et dans une violente tension de l’esprit, l’œuvre se cristallisait dan son ensemble, pour être ensuite rédigée le soir sous cette forme de premier jet. Avant ces dix jours il y a chaque fois un temps de préparation, plus ou moins long, immédiatement après la mise au point du manuscrit définitif ; ce dernier travail s’accomplissait aussi avec véhémence et accompagné d’une « expansion du sentiment » presque insupportable. Cette « œuvre de dix jours » tombe pour la première partie sur la fin du mois de janvier 1883 : au commencement de février la première conception est entièrement rédigée, et au milieu du mois le manuscrit est prêt a être donné à l’impression. La conclusion de la première partie (De la vertu qui donne) « fut terminée exactement pendant l’heure sainte où Richard Wagner mourut à Venise » (13 février).

Au cours d’un « printemps mélancolique » à Rome, dans une loggia qui domine la Piazza Barbarini, « d’où l’on aperçoit tout Rome et d’où l’on entend mugir au-dessous de soi la Fontana », le « Chant de Nuit » de la deuxième partie fut composé au mois de mai. La seconde partie elle-même fut écrite, de nouveau en dix jours, à Sils Maria entre le 17 juin et le 6 juillet 1883 : la première rédaction fut terminée avant le 6 juillet et le manuscrit définitif avant le milieu du même mois.

« L’hiver suivant, sous le ciel alcyonien de Nice, qui pour la première fois rayonna alors dans ma vie, j’ai trouvé le troisième Zarathoustra. Cette partie décisive qui porte le titre : Des vieilles et des nouvelles Tables fut composée pendant une montée des plus pénibles de la gare au merveilleux village maure Eza, bâti au milieu des rochers —». Cette fois encore « l’œuvre de dix jours » fut terminée fin janvier, la mise au net au milieu du mois de février.

La quatrième partie fut commencée à Menton, en novembre 1884 et achevée, après une longue interruption, de fin janvier à mi-février 1885 : le 12 février le manuscrit fut envoyé à l’impression. Cette partie s’appelle d’ailleurs injustement « quatrième et dernière partie » : « son titre véritable (écrit Nietzsche à Georges Brandès), par rapport à ce qui précède et à ce qui suit, devrait être : La tentation de Zarathoustra, un intermède ». Nietzsche a en effet laissé des ébauches de nouvelles parties d’après lesquelles l’œuvre entière ne devait se clore que par la mort de Zarathoustra. Ces plans et d’autres fragments seront publiés dans les œuvres postumes.

La première partie parut en mai 1883 chez E. Schmeitzner à