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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/434

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— elle en oublia, comme il me semble,
l’autre jambe !
Car c’est en vain que j’ai cherché
le trésor jumeau
— c’est-à-dire l’autre jambe —
dans le saint voisinage
de leurs charmantes et mignonnes
jupes de chiffons, jupes flottantes en éventails.
Oui, si vous voulez me croire tout à fait,
mes belles amies :
je vous dirai qu’elle l’a perdue !...
Hou ! Hou ! Hou ! Hou ! Hou !...
Elle s’en est allée
pour toujours !
l’autre jambe !
Ô quel dommage pour cette autre jambe si gracieuse !
Où — peut-elle s’arrêter, abandonnée, en deuil ?
cette jambe solitaire ?
Craignant peut-être
un monstre méchant, un lion jaune
et bouclé d’or ? Ou bien déjà
rongé, grignoté — malheur ! malheur !
misérablement grignoté ! Selah.

Ô ne pleurez pas,
cœurs tendres,
ne pleurez pas,
cœurs de dattes, seins de lait,
cœurs de réglisse ;
Sois un homme, Souleika ! Courage ! courage !
ne pleure plus,
pâle Doudou !
— Ou bien faudrait-il
peut-être ici