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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/425

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C’est ainsi qu’ils font tous, ces hommes supérieurs. Mais toi tu n’as probablement pas compris grand’chose à mon poème ? En toi il n’y a rien moins qu’un esprit enchanteur. »

« Tu me loues, répartit le consciencieux, en me séparant de toi ; très bien ! Mais vous autres, que vois-je ! Vous êtes toujours encore assis là avec des regards de désir — :

Ô âmes libres, où donc s’en est allée votre liberté ! Il me semble presque que vous ressemblez à ceux qui ont longtemps regardé danser les filles perverses et nues : vos âmes mêmes se mettent à danser !

Il doit y avoir en vous, ô hommes supérieurs, beaucoup plus de ce que l’enchanteur appelle son esprit malin d’enchantement et de duperie : - il faut bien que nous soyons différents.

Et, en vérité, nous avons assez parlé et pensé ensemble, avant que Zarathoustra revînt à sa taverne, pour que je sache que nous sommes différents.

Nous cherchons des choses différentes, là-haut aussi, vous et moi. Car moi je cherche plus de certitude, c’est pourquoi je suis venu auprès de Zarathoustra. Car c’est lui qui est la tour et la volonté la plus solide —

— aujourd’hui que tout chancelle, que la terre tremble. Mais vous autres, quand je vois les yeux que vous faites, je croirais presque que vous cherchez plus d’incertitude,

— plus de frissons, plus de dangers, plus de tremblements de terre. Il me semble presque que vous ayez envie, pardonnez-moi ma présomption, ô hommes supérieurs —