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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/400

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Ô mes hôtes, hommes singuliers, — n’avez-vous encore rien entendu de mes enfants ? et qu’ils sont en route pour venir vers moi ?

Parlez-moi donc de mes jardins, de mes Îles Bienheureuses, de mon espèce belle et espèce, — pourquoi ne m’en parlez-vous pas ?

J’implore ce présent de votre amour, que vous me parliez de mes enfants. C’est pour cela que je suis riche, c’est pour cela que je me suis appauvri : que n’ai-je pas donné,

— que ne donnerais-je pour avoir une chose : ces enfants, ces plantations vivantes, ces arbres de la vie de ma volonté et de mon plus haut espoir ! »

Ainsi parlait Zarathoustra et il s’arrêta soudain dans son discours : car il fut surpris par son désir, et il ferma les yeux et la bouche, tant était grand le mouvement de son cœur. Et tous ses hôtes, eux aussi, se turent, immobiles et accablés : sauf que le vieux devin faisait des signes de la main et du geste.

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