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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/323

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— tu y songes, ô Zarathoustra, je sais que tu veux bientôt m’abandonner ! » —

« Oui, répondis-je en hésitant, mais tu le sais aussi — » Et je lui dis quelque chose à l’oreille, en plein dans ses touffes de cheveux embrouillées, dans ses touffes jaunes et folles.

« Tu sais cela, ô Zarathoustra ? Personne ne sait cela — — »

Et nous nous sommes regardés, nous avons jeté nos regards sur la vertre prairie, où passait la fraîcheur du soir, et nous avons pleuré ensemble. — Mais alors la vie m’était plus chère que ne m’a jamais été toute ma sagesse. —

Ainsi parlait Zarathoustra.

*
*           *


3.


Un !

Ô homme ! prends garde !

Deux !

Que dit minuit profond ?

Trois !

« J’ai dormi, j’ai dormi —,

Quatre !

« D’un rêve profond je me suis éveillé : —

Cinq !

« Le monde est profond,

Six !

« Et plus profond que ne pensait le jour.