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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/302

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Car les bons — ne peuvent pas créer : ils sont toujours le commencement de la fin : —

— ils crucifient celui qui écrit des valeurs nouvelles sur des tables nouvelles, ils sacrifient l’avenir pour eux-mêmes, — ils crucifient tout l’avenir des hommes !

Les bons — furent toujours le commencement de la fin. —

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27.

Ô mes frères, avez-vous aussi compris cette parole ? et ce que j’ai dit un jour du « dernier homme » ? — —

Chez qui y a-t-il les plus grands dangers pour l’avenir des hommes ? N’est-ce pas chez les bons et les justes ?

Brisez, brisez-moi les bons et les justes ! Ô mes frères, avez-vous aussi compris cette parole ?

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28.

Vous fuyez devant moi ? Vous êtes effrayés ? Vous tremblez devant cette parole ?

Ô mes frères, ce n’est que lorsque vous ai dit de briser les bons et les tables des bons, que j’ai embarqué l’homme sur la pleine mer.

Et c’est maintenant seulement que lui vient la grande terreur, le grand regard circulaire, la grande maladie, le grand dégoût, le grand mal de mer.

Les bons vous ont montré des côtes trompeuses et de fausses sécurités ; vous étiez nés dans les mensonges des bons et vous vous y êtes abrités. Les bons ont faussé et dénaturé toutes choses jusqu’à la racine.