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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/217

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Tandis que Zarathoustra parlait ainsi, il se mit à rire sur lui-même avec mélancolie et amertume. Comment ! Zarathoustra ! dit-il, tu veux encore chanter des consolations à la mer ?

Hélas ! Zarathoustra, fou riche d’amour, ivre de confiance ! Mais tu fus toujours ainsi : tu t’es toujours approché familièrement de toutes les choses terribles.

Tu voulais caresser tous les monstres. Un souffle de chaude haleine, un peu de molle fourrure aux pattes — : et immédiatement tu étais prêt à aimer et à attirer.

L’amour est le danger du plus solitaire ; l’amour de tout pourvu que cela vive ! Elles prêtent vraiment à rire, ma folie et ma modestie dans l’amour ! —

Ainsi parlait Zarathoustra et il se mit à rire une seconde fois : mais alors il pensa à ses amis abandonnés, et, comme si dans ses pensées, il avait péché contre eux, il fut fâché contre lui-même à cause de sa pensée. Et aussitôt il advint qu’en riant il se mit à pleurer : — Zarathoustra pleura amèrement de colère et de désir.

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