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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/191

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Alpa ! m’écriais-je, qui porte sa cendre vers la montagne ? Alpa ! Alpa ! qui porte sa cendre vers la montagne ?

Et je serrais la clef, et j’ébranlais la porte et je m’efforçais. Mais la porte ne s’ouvrait pas d’un doigt !

Alors l’ouragan lui écarta les ailes avec violence : avec des sifflements et des cris aigus qui coupaient l’air, il me jeta un noir cercueil :

Et en sifflant, et en hurlant le cercueil se brisa et cracha mille éclats de rire.

Mille grimaces d’enfants, d’anges, de hiboux, de fous et de papillons énormes ricanaient à ma face et me persiflaient.

Je m’en effrayais horriblement : je fus précipité à terre et je criais d’épouvante comme jamais je n’avais crié.

Mais mon propre cri me réveilla : — et je revins à moi. —

Ainsi Zarathoustra raconta son rêve, puis il se tut : car il ne connaissait pas encore la signification de son rêve. Mais le disciple qu’il aimait le plus se leva vite, saisit la main de Zarathoustra et dit :

« C’est ta vie elle-même qui nous explique ton rêve, ô Zarathoustra !

N’est-tu pas toi-même le vent aux sifflements aigus qui arrache les portes du château de la Mort ?

N’es-tu pas toi-même le cercueil plein de méchancetés multicolores et plein des angéliques grimaces de la vie ?

En vérité, pareil à mille éclats de rire d’enfants, Zarathoustra vient dans toutes les chambres mortuaires, riant