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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/732

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LES APHRODITES


douillée, de Conchaud, de L’Enginière, de Vadouze, de Fraissillon et de Mottefine, la plupart déjà connues du lecteur. En même temps, Nécrarque agite en l’air sa longue baguette, élevant ses regards vers le ciel et marmottant des paroles, tandis que le reste de l’assemblée, un genou en terre, rit, s’embrasse, ou fait d’autres agaceries, ou parodie tout de bon le sacrifice solennel, le tout selon le degré de zèle ou de folie dont chacun se trouve inspiré.

C’est pour le coup que l’émerveillé sir Henry ne doute plus d’être un fortuné citoyen de l’Élysée. Or, quand il vient de prendre le plus terrible stimulant que puisse fournir l’art chimique ; quand sous ses yeux se passe la plus pétulante mêlée où la fougue des désirs puisse prêter son fard aux belles formes, à la fraîcheur, aux grâces de la jeunesse ; quand l’air qu’il respire est embrasé des soupirs et des accents d’un cercle qui sacrifie si passionnément autour de lui, peut-il ne pas renaître tout entier, et Phallarque aura-t-elle été sourde à des sollicitations si pressantes ? L’œil de sir Henry s’allume, son visage se colore, son cœur