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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/724

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LES APHRODITES


chaînes, annonce le châtiment de l’audacieux Bandamort.

“ Ministres de mes vengeances, poursuit la fée du ton du triomphe, chargez de fers cet esprit rebelle, en attendant que j’ordonne de son sort. „ Tandis que le bruit qui se fait semble confirmer qu’on exécute cet arrêt, la fée polissonne, et plus qu’espiègle en ce moment, s’est portée, jambe de çà, jambe de là, au-dessus de la face du mystifié sir Henry, et l’arrosant de sa brûlante urine[1], elle articule d’un ton mystique : “ Loin de mon protégé les funestes influences des maléfices, et que cette eau lustrale le purge du venin de tous les enchantements du perfide Bandamort ! „ Puis elle détache le bandeau funèbre dont les yeux du compissé[2] baronet étaient bouchés…

  1. Chez plus d’un peuple, les déjections des souverains pontifes jouent un grand rôle dans les cérémonies du culte ; mais il serait ridicule de citer doctement dans un ouvrage tel que celui-ci. L’urine (et pis encore) n’est pas non plus dédaignée de ces sages qui se disent alchimistes, et font… (à coup sûr, comme on sait) de l’or.
  2. Tu m’as tout compissé, puissance abominable ( fait ouïr sur le théâtre Scarron, qui ne fit guère plus burlesque dans son genre que notre auteur dans le sien.
    (Note de l’Éditeur.)