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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/694

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LES APHRODITES


on en témoigna son admiration par un applaudissement bruyant et général.

2° La nouvelle d’un autre deuil fit aussitôt parodie, et fut aussitôt honorée de riants applaudissements. Il s’agissait d’un âne mort enfin de vieillesse. Ce respectable animal appartenait à la petite comtesse de Mottenfeu, à notre prétendue magicienne. Jadis, elle l’avait violé, c’est-à-dire qu’elle en avait arraché les dernières faveurs[1]. Le grison n’était à cette époque qu’un obscur commensal dans l’écurie de certaine marquise, très-amie de la petite comtesse. En vain cette dernière, après sa passade, avait-elle offert de l’âne à bonne fortune un prix fou, jamais la marquise ne voulut le céder. Ces dames furent même longtemps assez en froid à cause de lui. Mais la propriétaire, sur le point de mourir, et désabusée pour lors des vanités de ce monde, légua le baudet à la comtesse. Celle-ci, re-

  1. Permets, ô grand Voltaire ! que pour un moment ce galimatias prenne par le bras ton intrépide Pucelle, afin de résister au choc redoutable du courroux des rigoristes et des Zoïles. Ce difficile arrangement de la comtesse avec le baudet est décrit à la fin de la première partie du Diable au corps. On renvoie donc, pour les détails, à cet ouvrage.