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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/677

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C’EST DE BONNE HEURE.


avec un wisky des plus extravagants où il avait la sottise de se laisser conduire par sa coquine au retour de certaine orgie[1]. Me voilà donc fille unique. Ma méchante mère survécut peu de temps à la perte d’un ingrat dont elle s’était crue exclusivement aimée, et qui l’avait mise dans le cas d’éprouver tous les genres de repentir quand l’illusion de leur débauche se serait évanouie. Monsieur de la Gaudissonnière, un ex-fermier du haut vol et mon plus proche parent, se trouva devenir mon tuteur. Habile en affaires, il est tout au moins aussi débauché. J’allais être retirée du couvent. On me cherchait un mari. Ma tante, qui pense à certains égards le mieux du monde, voulut préalablement me mettre au fait du pour et du contre de ce fameux sacrement qu’on croit être l’indispensable vernis d’une femme ; paradoxe à tout moment démenti, qui pourtant, depuis tant de siècles, ne cesse de faire des dupes… Il paraît à ton état, mon cher, que cet avis est aussi le tien ?

Le Commandeur. — Sans doute, puisque sans frère ni sœur, et le dernier de ma race,

  1. Cette catastrophe est réellement arrivée.