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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/67

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À BON CHAT BON RAT.


question de vous réformer net, et même de vous interdire sans appel jusqu’à l’entrée de l’hospice.

La Duchesse (alarmée). — Ciel ! que dis-tu là ? Quoi ! tout de bon, Durut ? Tu n’exagères point ?

Madame Durut. — Non, je vous jure.

La Duchesse. — Me réformer ! les ingrats ! Mais ce n’est pas à cause d’eux, c’est pour moi, pour le cher intérêt de mes plaisirs, que… je veux devenir tout ce qu’on peut être ici. C’en est fait, Durut, ta confidence m’arrache le bandeau : j’avais tort, je me résigne à tout… Oui, j’abjure de tout mon cœur le plus sot des préjugés. Quoi ! pour un peu de vanité bien mal entendue, n’ai-je pas tout à l’heure en partie perdu la jouissance d’un de mes beaux moments ? Pouvant être au comble de l’humaine félicité par la possession de cet ange (elle lui jette à la hâte quelques baisers), n’ai-je pas eu la gaucherie de combattre ma fortune et de chasser en quelque sorte le plaisir ? C’en est fait, te dis-je, oui, Durut, je deviens raisonnable, et qui que ce soit au monde qui pourra me plaire et me désirer,… qu’il se