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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/557

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CROYEZ-VOUS À LA MAGIE ?

La Comtesse (avec sévérité). — Monsieur ! songez devant qui vous parlez de cet homme célèbre.

Sir Henry. — Aurait-il l’honneur de vous intéresser ?

La Comtesse. — Il était mon arrière-petit-fils[1].

Sir Henry (stupéfait). — Votre arrière-petit-fils, madame ! un homme qui, lorsqu’il mourut, il y a déjà longtemps, était, dit-on, septuagénaire ?

La Comtesse (avec pitié). — Lorsqu’il mourut ! Qui vous a dit qu’il était mort ?

Sir Henry (déconcerté). — Ma foi, madame, qu’il soit mort ou qu’il vive, cela ne peut être entre nous un sujet de contestation ; mais croire qu’il a été, qu’il soit votre arrière-petit-fils…

La Comtesse (d’un ton tranchant). — Il l’est, monsieur. C’est le premier-né de la septième fille d’un certain Salomon Coreb,

  1. Elle n’avait pensé d’abord qu’à se dire élève ; mais, sujette à des idées bizarres, elle a trouvé tout d’un coup plus amusant de se forger d’autres rapports. Et c’est bien voir que ce qui n’est absurde qu’à moitié ne réussit pas, à beaucoup près, aussi bien que ce qui l’est au superlatif.