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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/54

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LES APHRODITES


le déjeuner du comte est apporté par Célestine[1], une charmante fille, qui passe dans la maison pour être sœur de mère de madame Durut.)


LE COMTE, CÉLESTINE.

Le Comte (allant au devant). — Quoi ! c’est vous-même, belle Célestine, qui prenez la peine…

Célestine. — Pourquoi pas, monsieur le comte ? On a toujours du plaisir à servir quelqu’un d’aimable.

  1. Célestine : à peine 20 ans, grande et belle blonde au plus frais embonpoint, richement pourvue de toutes les rondeurs et potelures que peuvent désirer tous les genres d’amateurs. Célestine a de grands yeux bleus plus animés que ne le sont habituellement ceux de cette couleur, et qui semblent demander à tout le monde l’amoureuse merci. Sa bouche riante, ses lèvres légèrement humides ont le mouvement habituel du baiser. Cette fille est parmi les femmes ce qu’est, parmi les fruits, une belle poire de doyenné tendre et fondante. Célestine, désirée de tout le monde, aime tout le monde ; aussi jamais cette bienfaisante créature ne put répondre non à quelque proposition qu’on ait eu le caprice de lui faire. Elle a de plus la gloire d’avoir remporté au concours la place de première essayeuse. On rendra compte en temps et lieu des fonctions et prérogatives de cet important emploi.