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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/452

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LES APHRODITES


LE VICOMTE DE CULIGNY[1], CÉLESTINE, BELAMOUR.

Le Vicomte (chante.)

J’aime à voir cet hommage flatteur
Qu’ici l’on s’exerce à vous rendre[2].

Célestine (debout et se rajustant). — D’autant plus, monsieur le vicomte, que c’était sans vous faire aucun tort…

Le passe-temps auquel Culigny vient de surprendre le joli couple n’empêche pas qu’il ne baise fort amoureusement Célestine

  1. Le vicomte de Culigny, quarante-deux ans, grand, svelte, on ne peut mieux fait, mais dont la petite vérole a fait du plus joli homme le plus laid, aux yeux de certaines femmes qui comptent pour peu de chose l’ineffaçable beauté de la physionomie. Le vicomte, aimable, galant, enjoué, fut longtemps à la mode, en dépit d’un joujou d’œuvre assez médiocre. Son affreuse maladie lui fit perdre la vogue. Outré de voir que ses succès n’avaient tenu qu’à son visage, tourmenté du triomphe de certains rivaux qui ne lui semblaient pas faits pour devoir l’éclipser, irrité contre un sexe qu’il jugeait dès lors ingrat et peu connaisseur, il abjura, mais avec tolérance et demeurant au point de certains renégats par spéculation qui sont encore plus près d’adorer la croix que de la fouler aux pieds. Le degré d’hérésie du vicomte sera bientôt mieux connu par ses confessions et sa conduite.
  2. Vers d’une ariette d’Iphigénie.