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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/328

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LES APHRODITES


comte, que tous savez maintenant à quoi vous en tenir… Que voulez-vous enfin à cette femme ?

Le Comte (avec feu). — Lui vouer mes soupirs, mes désirs, tout mon être ; réparer mes anciens torts, la prier d’agréer ma main et le partage de ma fortune…

Le Prince (d’un ton sec et froid, après un moment de silence). — Vous avez raison, monsieur ; chacun sait mieux que qui que ce soit au monde ce qu’il lui faut pour être heureux ; vous ferez très-bien de vous satisfaire…

Le Comte. — L’honneur le veut…

Le Prince (interrompant). — Sans doute. (Il salue et s’en va.)

On se représente aisément l’embarras du comte, si brusquement délaissé par la seule personne qu’il connaisse dans un séjour où il est arrivé sans même en avoir vu la route. Cependant il tient outrément à son idée : il lui faut un intermédiaire… Célestine paraît ; elle a une de ces physionomies sensibles qui promettent tout aux malheureux.

Le Comte (accourant près d’elle, avec un