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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/31

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TANT PIS, TANT MIEUX.

La Duchesse (avec colère). — Ce qu’il y a pour mon service ? Un bain, et un autre que toi pour m’y servir. La Durut ; qu’elle rentre et me parle à l’instant ! (Seule.) Oh ! tout ceci va mal ; l’établissement dégénère à faire pitié !

Madame Durut (accourant). — Me voici. On va partir ; votre comte se retrouvera sans doute ; mais, pour Dieu ! madame la duchesse, un peu de sang-froid, et ne tourmentez pas, à propos de rien, des gens qui vous sont dévoués de toute leur âme. Voilà mon pauvre Loulou[1] que vous avez rudoyé, je gage, et qui s’en va le cœur gros, versant des larmes.

La Duchesse. — Ah ! c’est que j’ai sur le cœur aussi sa bêtise de l’autre jour.

Madame Durut. — Qu’a-t-il donc fait ?

La Duchesse. — L’animal me sert au bain, tremble comme si j’étais apparemment un tigre, un crocodile ! Je daigne lui faire nombre de questions, il ne sait y

  1. Madame Durut prend à ce Loulou un intérêt particulier, et, le gardant pour elle jusqu’à nouvel ordre, elle n’a garde de s’offenser des reproches que va lui faire la duchesse d’avoir un balourd qui ne devine pas les caprices des belles dames à demi-mot.