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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/259

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À QUOI BON ? ON LE SAURA.


qu’elle avait pu prendre. J’eus horreur de penser que peut-être elle s’était ôté la vie dans quelque moment de désespoir. Comme mon père avait la bonté de me faire un sort très-considérable, il me fut facile de mettre à grands frais des émissaires en campagne dans tout l’Empire. De mon côté, je me mis à chercher, à tout hasard, chez l’étranger. Je parcourus la Hollande, l’Angleterre, la France et l’Italie.

Mon père mourut avant de m’avoir fait grâce : le bien immense qu’il me laissait ne me consola point de n’avoir pu lui fermer les yeux. Je n’avais point d’état ; j’essayai de m’en procurer un ; je cherchai à faire le sacrifice de ma funeste liberté, mais aucune cour ne daigna me recevoir, et quelle eût été la personne convenable qui eût osé confondre ses destinées avec celles d’un homme célèbre par sa perfidie, dans un pays où les mœurs ont encore une grande partie de leur ancienne pureté ? Les mépris de la comtesse ne m’avaient déjà que trop appris ce qu’on y pense d’un gentilhomme parjure au plus sacré des engagements !

Cependant il n’était pas prouvé qu’Eu-

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