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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/248

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LES APHRODITES


reux couple mutuellement au fait de ce qu’il lui importait de savoir. Le résultat fut qu’Alfonse (préalablement prié d’ouvrir la porte, afin que madame Durut pût entrer quand on la voudrait) se déshabilla, se mit au lit et fit oublier deux fois encore à la marquise l’engagement pris avec l’allié Limecœur.

Après avoir exercé pendant deux heures les solides assauts de la passion et les futiles escarmouches du caprice, on sonna pour madame Durut. Celle-ci fut plus réjouie qu’étonnée de trouver les angéliques athlètes amoureusement enlacés entre deux draps. Voulant se donner le plaisir de les voir in naturalibus, elle prit la liberté de les découvrir. La marquise, pour la frime, faisait de petites façons ; Alfonse ne trouva pas, pour escamoter aux regards indiscrets de madame Durut les deux nudités, de meilleur expédient que de les confondre. Il init la marquise et dit gaiement à la curieuse matrone : “ À ton aise maintenant ; tu te lasseras plutôt de m’y voir que moi d’y rester ! „ En effet, madame Durut, fort occupée, ne pouvait leur