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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/192

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LES APHRODITES


dur comme fer ! Oh ! je suis bien élevée ! je n’aurais jamais eu l’impolitesse de déloger un vit qui me faisait l’honneur de se trouver bien chez moi. Je n’avais plus du tout envie de gronder, malgré le dégât que venait de faire la pétulance de cet homme, et l’irrévérence qu’il y avait de sa part à brusquer de la sorte une maîtresse de maison.

Célestine. — Je conçois, en effet, que si tu avais pu te douter de ses dispositions, tu lui aurais bien laissé le temps de faire le tour de la table et de te dire un petit mot de galanterie avant de se ruer sur toi. Au reste, sa fougue avait quelque chose d’obligeant qui devait te flatter, et je la lui pardonne.

Madame Durut. — Et moi de toute âme ! Vous êtes pourtant un drôle de corps, lui ai-je dit, car il fallait bien…

Célestine. — Sans doute, la dignité du sexe et de l’administration ! Cela se sent, tu le grondes pour la forme ; eh bien ?

Madame Durut. — Sandis ! me réplique le grivois, une belle enfant, que j’ai vue là-bas, m’avait dit qu’on me donnerait tout ce qu’il me faudrait ; il me fallait justement