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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/151

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COLIN-MAILLARD.

Limecœur. — Eh ! que fait un visage quand on est toi ? quand on a tes attraits, ton âme, ton aimant ?… Sois un monstre, et vois encore comme tu seras fêtée !

Il lime avec délices, il mord tendrement la langue de la marquise, il attire son haleine, il est complétement fou. Le jet prolifique fait frémir les entrailles de l’heureuse marquise. Mais Limecœur a trop de passion, on l’a trop irrité pour qu’il s’en tienne là. Malgré le conseil, plus amical que senti qu’on lui donne de modérer ses transports, il recommence et finit glorieusement une cinquième carrière. D’aussi beaux procédés mériteraient bien sans doute que la marquise fût généreuse à son tour et rendît à cet honnête amant l’usage de la vue ; mais il vient de passer par la tête de la dame une folie dont elle se promet beaucoup d’amusement, et qui exige que sa beauté peu commune soit encore pendant quelques moments un secret pour lui…

Limecœur. — Eh bien, délicieuse horreur, que risques-tu maintenant à me montrer ta figure ? Me prouveras-tu que ces dents dont le poli parfait vient d’étonner