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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/145

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COLIN-MAILLARD.


n’ajoutez pas à ceux que font naître d’avance la justesse et la bonté de vos expressions !

La Marquise. — Non, mon ami, la vengeance est le plaisir des femmes et des dieux ; je veux qu’en te séparant de moi tu détestes ton aveugle injustice ! (Un baiser.) Je veux que ton repentir aille jusqu’au remords ! (Un baiser plus vif, accompagné de l’application, comme involontaire, d’une main sur l’exhaussement que cause la fière contenance du boute-joie sous les mailles élastiques du pantalon.)

Limecœur (avec transport). — Ô magicienne ! intelligence céleste ! divinité !… ou qu’êtes-vous ? Quoi ! lorsque votre ordre cruel a condamné la voie qui peut conduire en un clin d’œil jusqu’au cœur le feu subtil de l’amour, vous savez encore y atteindre, l’embraser par la mélodie de vos accents, par la magie de vos lèvres. Déjà vous m’inspirez ! déjà mon erreur est maudite !

Pendant cette tirade sentimentale dont la marquise, quoique enchantée, ne fait que sourire, Limecœur jouant des mains,

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