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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/135

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OÙ EN SOMMES-NOUS ?


héros, que je verrais ne respirer que pour le salut de l’État et du roi, tandis que j’y serais honteusement, moi, le greluchon d’une femme ? Non, ma chère Durut, la chaîne du plaisir, le bonheur de sortir du labyrinthe des embarras par la plus agréable porte, ne me tentent point assez pour me faire oublier ma naissance, un état que je regrette, en un mot ce que je dois à ma famille, au public, à moi-même…

Madame Durut. — Vous êtes fou, mon cher monsieur ; mais ce qu’il y a de malheureux, c’est que vous l’êtes froidement et d’une manière bien maussade. Il faudrait toute une harangue pour réfuter les mille et une bêtises que, ne vous en déplaise, vous venez de distiller dans votre court exposé. Au surplus, j’ose espérer de votre honnêteté que vous vous prêterez du moins à ce qui convient, pour que je n’essuie point à votre occasion une scène fort désagréable.

Limecœur. — Vous pouvez tout exiger.

Madame Durut. — Il ne s’agit que de garder in petto, jusqu’à nouvel ordre, vos étranges scrupules, et de vous comporter