Page:Nerciat - Contes saugrenus, 1799.djvu/57

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


quer… (sauf votre meilleur avis,) d’attirer au château le couple angélique…

Madame. Vous vous chargeriés donc de la sœur ? (elle rit avec espièglerie.)

Monsieur. Il suffirait, Madame, que cela pût concourir avec vos propres vües…

Madame. Je suis convenue d’en avoir sur le frère ; ainsi tout est dit, ayés la bonté de me laisser un moment seule. Je veux achever de lire une situation qui m’intérresse… trouvés bon ensuite que je soupe chés moi… demain à midi, vous pouvés faire demander de mes nouvelles…

Monsieur. Je n’y manquerai pas… (il s’éloigne.)

Madame. (le rappellant.) Un mot encore ? faites donc passer quelqu’un chés la Beaulard ? voilà déjà deux fois que cette femme écrit pour une misere de 90 louis. Elle a de l’humeur de ce que j’ai deserté de chés elle. J’ai fait mettre ses lettres sur votre bureau ; que cette affaire soit terminée avant mon lever, car c’est la première chose dont je vous parlerai…

Monsieur. Cela sera fait, Madame, (il s’éloigne.)

Madame. (le rapellant encore.) Ecoutés donc ? j’oubliai, comme une sotte, que j’ai promis d’envoyer cinquante louis à la Secret[1] pour différentes commissions qu’elle m’a faites, et dont vous trouverés aussi le mémoire. Puisque vous allés faire faire un travail, il n’en coûtera pas plus d’y faire comprendre cette bagatelle…

Monsieur. De tout mon cœur (il fuit à toutes jambes.)

  1. Pourvoyeuse pour les plus affamées libertines du haut vol.


F 2