Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


778 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

sanvierge que nous avons à nourrir et garder, fournissant le pain, le vin et la cire,

Relevant de cette seule aire d'anges à demi déployés ?

Ainsi comme les hauts Seigneurs ont leur colombier, nous avons le nôtre aussi, reconnais- sable au loin.

PIERRE DE CRAON. — Jadis passant dans la forêt de Fisme j'ai entendu deux beaux chênes qui parlaient entre eux.

Louant Dieu qui les avait faits inébranlables à la place où ils étaient nés.

Maintenant à la proue d'un drôme l'un fait la guerre aux Turcs sur la mer Océane,

L'autre coupé par mes soins au travers de la Tour de Laon

Soutient Jehanne la bonne cloche dont la voix s'entend à dix lieues.

Jeune fille, dans mon métier on n'a pas les yeux dans sa poche. Je reconnais la bonne pierre sous les genévriers et le bon bois comme un maître-pivert ;

Tout de même les hommes et les femmes.

VIOLAINE. — Mais pas les jeunes filles, maître Pierre ! Ça, c'est trop fin pour vous. Et d'abord il n'y a rien à connaître du tout.

PIERRE DE CRAON, à demi-voix. — Vous l'aimez bien, Violaine }

�� �